devise

emblématique et héraldique à la fin du Moyen Âge

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Epi de blé

Un collier d’épis de blé

Période
1430-1450
Aires géographiques
France-Bretagne
Personnage
François Ier de Bretagne
Famille
Montfort
Devises associées
épi de blé

La duchesse de Bretagne Isabelle d’Ecosse, avec ses filles Marguerite et Marie en prière et parées toutes trois du collier de l’Epi (Somme le roi, Paris, Bnf, Ms. Fr. 958, f° Fv°)

Un collier d’épis de blé aux tiges tressées

Un collier composé d’épis de blé aux tiges entrelacées apparaît sur diverses sources contemporaines de François Ier, comme par exemple au cou de son épouse sur son livre d’Heures. Ce collier s’accompagne parfois d’un pendant à l’hermine[1]. François Ier semble être le premier duc à distribuer ce collier de livrée dont on ne distingue pas exactement le lien avec l’ordre de l’Hermine[2]. Le duc a peut-être intégré sa propre devise personnelle dans le collier de l’Hermine pour le singulariser, pratique courante chez les autres princes de la période. On peut aussi supposer, qu’à l’exemple des Lancastre distribuant la Jarretière à leurs plus prestigieux clients et le collier aux SS à plus grande échelle, François Ier ait souhaité pouvoir jouer sur deux colliers de livrée et hiérarchiser ainsi sa clientèle. C’est ce que supposait déjà dom Lobineau[3]. Les sources elles-mêmes n’imposent pas de radicale distinction entre les deux ordres. Mis à part les deux « anglois », Raoulin du Parc et James Abourre qui reçurent en 1447 un « collier à l’Espy »[4], les autres références aux colliers donnés par le duc distinguent uniquement leur matière, or ou argent, mais pas leur nature, Hermine ou Espy.

 D’après différentes sources, ce collier de livrée sera maintenu par ses successeurs Pierre II, Arthur III, François II et Anne. Un poursuivant Espy est attesté pour la première fois entre 1451 et 1452 et restera actif jusque vers 1490[5].

 La valeur symbolique de cette devise est en lien avec la prospérité agricole de la Bretagne à cette époque. Il faut également souligner, à la suite de Christian de Mérindol, que c’est à ce moment qu’apparaît dans l’armorial de la Table ronde Agricor le beau géant qui porte précisément les armes d’hermine plain[6].

Le collier de l’Epi au cour d’Isabelle d’Ecosse sur un folio de ses Heures (Paris, BnF, Ms. Lat. 1369, 1450 ou 55)

Bibliographie

HABLOT L., « Pour en finir, ou pour commencer, avec l’ordre de la Cordelière », Actes du colloque Pour en finir avec Anne de Bretagne, Archives départementales de Loire-Atlantique, dir. D. Lepage, Nantes, 2004, p. 47-70.

MERINDOL C. de, « Essai sur l’emblématique et la thématique de la maison de Bretagne. Mise au point, nouvelles lectures, nouvelles perspectives », dans 1491. La Bretagne, terre d’Europe, Brest, 2-4 octobre 1991, Brest-Quimper, 1992, p. 265-294

MERINDOL C. de, « Le collier de L’Epi en Bretagne d’après des documents inédits conservés à Besançon (fonds Chiflet) », RFHS, t. 66 (1996), p. 67-81.

PASTOUREAU M., « L’hermine : de l’héraldique ducale à la symbolique de l’Etat », dans 1491. La Bretagne, terre d’Europe, Brest, 2-4 octobre 1991, Brest-Quimper, 1992, p. 253-264.

JONES M., « Les signes du pouvoir. L’ordre de l’Hermine, les devises et les hérauts des ducs de Bretagne au XVe siècle », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, t. LXVIII, 1991, p. 141-173.

JONES M., « L’image du duc de Bretagne », Représentation, pouvoir et royauté, Paris, 1997, p. 271 et suiv.

Jones M., « Vers une prosopographie des hérauts bretons médiévaux : une enquête à poursuivre », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 145e année, N. 3, 2001, p. 1399-1426.

LEFORT des YLOUSES E., « Les ducs de Bretagne et le sceau de majesté », RFHS, t. 65 (1995), p. 69-80.

BOULTON D., The knights of the Crown, the Monarchical Orders of Knighthood in Later Medieval Europe 1325-1520, Woodbridge, 1987, réd. corrigée 2000.

HABLOT L., « La croix noire des Bretons, origines et fonctions d’un signe d’identité politique hier et aujourd’hui », Actes du colloque Signes et couleurs des identités politiques du Moyen Age à nos jours, dir. M. Aurell et alii, Rennes, 2008, p. 57-70.

Autre devise pour François Ier de Bretagne

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